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Appel de 160 proches de François Hollande : « Emmanuel Macron peut préserver les chances de la France »

LE MONDE | • Mis à jour le

Dans ce texte signé par plus de 160 responsables du parti, parmi lesquels Francois Rebsamen, Michel Sapin, Marisol Touraine, Myriam El Khomri, ou encore Harlem Desir, les proches de François Hollande appuient « sans aucune ambiguïté » le vote pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle.

Tribune. Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle est clair et net. Le face-à-face qui oppose Emmanuel Macron et Marine Le Pen impose un choix sans aucune ambiguïté.

Deux avenirs possibles s’ouvrent devant nous pour le pays. Celui d’une France fermée, repliée, abaissée ou d’une France ouverte, forte, debout. Une victoire de Marine Le Pen conduirait inévitablement à une France divisée avec la violence au bout du chemin, à une France affaiblie économiquement au détriment des plus faibles, à une France isolée diplomatiquement dans le monde, à la fin de l’Union européenne avec des tensions accrues entre les nations.

Il est de notre devoir d’éviter ce cauchemar à notre pays, en votant pour Emmanuel Macron, qui peut préserver les chances de la France, dans un combat majeur. Nous avons pris acte du résultat de la primaire. Benoît Hamon a mené une campagne courageuse et notre responsabilité est aujourd’hui de nous rassembler au nom de l’urgence de la situation, des valeurs que nous portons, de l’action menée depuis des décennies au service des Français. C’est comme socialistes, qui ont exercé des responsabilités au gouvernement, au Parlement durant ces cinq dernières années, et qui administrent nombre de collectivités territoriales, mairies, départements, régions, que nous apportons un soutien déterminé et raisonné. Notre boussole, en effet, c’est l’intérêt général. Notre conviction est que le vrai progrès social, celui qui s’inscrit dans la durée, demande de prendre toutes ses responsabilités dans l’exercice du pouvoir à tous les niveaux.

Nous revendiquons le travail mené pendant cinq ans au service de la France et des Français, y compris l’effort indispensable de redressement compte tenu de la gravité de la situation héritée en 2012. Les résultats ont tardé, mais ils se manifestent aujourd’hui : création d’emplois, rétablissement des comptes publics et redémarrage de l’investissement. Nous revendiquons les progrès sociaux accomplis avec la retraite à 60 ans pour les carrières longues, le tiers payant généralisé, la prime d’activité pour 5 millions de personnes, la Sécurité sociale pérennisée et des services publics préservés et qu’il faudra conforter sur l’ensemble des territoires. Oui, l’engagement majeur de François Hollande a été tenu : la jeunesse de 2017 vit mieux que celle de 2012 grâce à l’investissement massif pour l’école, le service civique, les emplois d’avenir et la garantie jeunes. Le chômage des jeunes est aujourd’hui plus bas qu’en 2012 ; il baisse partout, y compris dans les quartiers prioritaires. Tous les territoires ont retrouvé leur place dans la République, y compris l’outre-mer avec la loi pour l’égalité réelle et la lutte contre la vie chère. L’Etat sera intervenu sans relâche auprès des Français les plus fragiles, répondant à cet impératif de justice qui nous anime : donner plus à ceux qui ont moins. Ceci mérite d’être entendu et défendu avec force. Oui, la situation de la France est meilleure en 2017 qu’en 2012, même si de nouvelles conquêtes restent toujours à proposer et rien ne justifie les programmes brutaux proposés par la droite.

Nous sommes conscients du moment historique qui est le nôtre. Le capitalisme est mondialisé et financiarisé. La troisième révolution industrielle – celle du numérique et des nouvelles technologies – bat son plein. L’urgence écologique n’est plus à prouver. L’exercice de la démocratie s’inscrit dans un contexte nouveau, celui de la démocratie numérique bien sûr, mais aussi d’une démocratie individualiste et sceptique. L’immigration a changé d’ampleur et de nature, entraînant l’essor de nationalismes de rejet. La crise de l’Union européenne est réelle, concrétisée par le Brexit. Le monde connaît des bouleversements majeurs avec le poids sans précédent de la Chine, les visées expansionnistes de la Russie de Vladimir Poutine, le néoconservatisme des Etats-Unis de Donald Trump et l’émergence d’un terrorisme mondialisé. Voilà ce qui doit être au cœur du débat politique. Cela devrait discréditer les discours démagogiques et les formules faciles.

Nous revendiquons notre culture sociale-démocrate qui, par-delà la diversité des situations, dans un monde et des sociétés complexes, vise à concilier l’économie de marché, les exigences écologiques, la réduction des inégalités, la démocratie sociale pour réduire les conflits et préserver les libertés individuelles. La méthode du compromis est bien plus efficace pour transformer la société de manière durable que les interdits et les formules chocs.

Fidèles à l’idéal socialiste et au message de Jaurès, nous poursuivons le chemin du progrès humain sans pour autant relâcher les efforts indispensables pour le rendre possible. Oui, nous avons besoin d’une croissance économique durable et d’entreprises fortes pour permettre la création d’emplois et la redistribution sociale. Le sérieux budgétaire et l’amélioration de la compétitivité du pays sont un acquis important du quinquennat pour l’avenir de la gauche. De la même manière, la lutte résolue contre le terrorisme et le renforcement de l’ensemble des forces de sécurité pour faire face à cette menace nouvelle sont à porter au crédit de la gauche. Mais de nombreux progrès restent à conquérir. La protection de demain demande la définition de nouvelles garanties collectives – à partir du compte personnel d’activité – qui doivent être directement attachées à la personne. La lutte contre les inégalités impose que la priorité soit donnée encore et toujours à l’éducation, à la formation et à l’accès à la culture, avec une dimension nouvelle : la redistribution patrimoniale.

Socialistes et écologistes, nous savons que le progrès social ne peut plus se penser hors du progrès environnemental. Fiers du succès de la COP 21 et de la loi sur la transition énergétique, nous croyons plus que jamais à la réalisation d’un mix énergétique qui diminue progressivement la part du nucléaire et pensons que l’investissement en matière environnemental peut être source de progrès, d’efficacité énergétique, de gains de productivité et non un prétexte de plus à la décroissance.

Socialistes, nous restons fidèles à nos principes républicains. La République sociale et laïque, portée historiquement par le socialisme français, à travers les heurts de notre histoire, demeure notre bien commun, avec un impératif : unir étroitement la démocratie politique et la démocratie sociale. Elles ont besoin l’une et l’autre d’être renouvelées, mais elles sont essentielles. Les recherches de participation individuelles, aussi utiles qu’elles puissent être, ne doivent pas faire oublier l’importance des partis politiques, des syndicats, des associations qui donnent une stabilité et un cadre à la vie démocratique.

Fidèles à notre idéal européen, nous réaffirmons la pertinence de ce projet historique, ciment de la paix, facteur de rapprochement entre des peuples jadis bellicistes et revanchards. C’est une tâche difficile, marquée inévitablement par des combats entre forces politiques, où les socialistes européens ont manqué de volonté au tournant du siècle dernier. Sortons du médiocre statu quo actuel pour reprendre l’initiative, réformer la zone euro, faire de la recherche et de l’énergie des priorités pour l’Union. Enfin, face au terrorisme, aux conflits armés qui se développent à ses frontières et aux cyberattaques, l’Europe doit assumer une responsabilité collective.

Telles sont nos valeurs, telles sont nos convictions. Nous les avons défendues depuis mai 2012. Dans un contexte difficile et hélas tragique, nous avons affronté la réalité et assumé l’exercice du pouvoir. Ce sens de la responsabilité associé aux valeurs que nous portons fonde aujourd’hui notre identité politique. C’est elle qui nous guidera à l’avenir. C’est au nom de cette identité politique que nous allons mener le combat contre le Front national. Elle impose notre rassemblement et notre unité.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/04/24/appel-de-160-proches-de-francois-hollande-emmanuel-macron-peut-preserver-les-chances-de-la-france_5116784_3232.html#l3M3XgA6aPTF86HR.99

Après le premier tour des élections présidentielles…

Après le premier tour des élections présidentielles…

Dimanche 23 avril dernier les Français se sont exprimés. Ils ont placé Emmanuel Macron en tête du premier tour et c’est Marine Le Pen qui est également qualifiée pour le second tour. 

 Ce résultat élimine les deux candidats des grandes formations politiques qui ont assumé les responsabilités gouvernementales depuis plusieurs décennies, dans une alternance souvent frontales qui traduisait l’opposition entre la gauche et la droite.

 Comme beaucoup d’autres, je partage la déception des camarades militants, des élus et des sympathisants socialistes engagés pour promouvoir et défendre leur idéal, pour soutenir et mettre en œuvre une politique responsable  de réformes dans la justice sociale, la solidarité, le progrès, le développement durable, la construction européenne et la paix. 

 Je n’imagine pas que le Parti Socialiste ne puisse plus assumer sa responsabilité historique d’être, à gauche, celui qui relève courageusement le défi d’assumer la charge du gouvernement de notre pays et de fonder l’union des forces partenaires pour y parvenir. Je formule le vœux fervent que nous puissions surmonter cette très grave crise et que le Parti socialiste retrouve la place et la vocation qui sont les siennes. Je ne ménagerai pas mes efforts pour qu’ensemble nous puissions y parvenir. 

 Dans ce contexte si particulier, je me félicite de constater que dans ma commune de Cachan, la candidate de l’extrême droite n’arrive qu’en cinquième position , avec moins de 9% des voix et un score encore plus bas qu’en 2012, tant en voix qu’en pourcentage. Les autres communes de la 11ème circonscription du Val de Marne connaissent également un vote FN inférieur de moitié au résultat du scrutin national.

 M’inscrivant pleinement dans l’affirmation des Cachanais, à l’occasion de ce scrutin, contre la droite haineuse et xénophobe, j’appelle à voter Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle.

 Comme l’a souligné  Benoît Hamon dans sa déclaration après la proclamation des résultats du premier tour et comme l’a unanimement confirmé le Bureau National du Parti Socialiste, la priorité est de faire barrage au Front National afin qu’il n’accède pas à la responsabilité la plus symbolique, la plus emblématique de la démocratie française et pour que le score de l’extrême droite soit le plus faible, le 7 mai prochain. 

 Car le 7 mai, c’est notre conscience de femmes et d’hommes libres qui est sollicitée. Et c’est l’avenir de notre démocratie qu’il nous faut défendre. Soyons au rendez-vous de cette double exigence.

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Communiqué de Jean-Yves le Bouillonnec

Communiqué de Jean-Yves le Bouillonnec

En novembre dernier, les militants des quatre sections socialistes de la 11ème circonscription du Val de Marne, m’ont renouvelé leur confiance en me demandant de me présenter à nouveau aux suffrages des électrices et électeurs, à l’occasion des  législatives de juin prochain.

Je leur exprime ma reconnaissance pour le soutien sans faille qu’ils m’ont apporté, dans l’accomplissement de mes mandats de député, depuis 2002.

Cette investiture est intervenue alors que les désignations des candidats à l’élection présidentielle n’étaient pas encore achevées.

J’ai apporté mon parrainage à Benoit Hamon qui a remporté les primaires organisées par le Parti socialiste et les formations politiques partenaires, en loyauté et en fidélité avec le Parti Socialiste et ses militants, non sans redouter cependant que ce choix ne provoque de sérieuses, lourdes et peut-être irréversibles dissensions en son sein, comme en celui de l’ensemble de la gauche.

Je conserve en effet, avec tristesse et amertume, la mémoire de tout ce  qui a dégradé l’action de la majorité présidentielle et l’a affaiblie, alors même que les députés qui la composaient ont, pour la plupart d’entre eux et inlassablement, assumé leurs responsabilités. Comme ces derniers, je n’ai ménagé ni mon temps, ni mon travail pour surmonter ces difficultés, dans l’intérêt de notre pays et du peuple de France. Il  était essentiel d’apporter au gouvernement un soutien pour assurer le redressement nécessaire, pour surmonter les menaces terroristes qui nous ont douloureusement meurtris, pour engager et poursuivre une œuvre de réforme dans la justice sociale, la solidarité, le progrès et la paix.

Je ne suis pas épargné par le  ressentiment envers ceux qui, socialistes, rompant avec l’obligation d’unité et l’exigence de responsabilité à l’égard d’un Président et d’un gouvernement socialistes, ont provoqué la tourmente dans laquelle se trouve aujourd’hui notre camp et les menaces qui pèsent sur son avenir.

A quelques semaines de l’échéance présidentielle, les questions restent entières. Les perspectives de construire une majorité de gauche solide, élargie, cohérente dont le cœur serait la démocratie sociale, le réformisme, le choix du progrès portés dans une volonté d’assumer les responsabilités de gouvernement sont, aujourd’hui plus encore qu’hier, incertaines et aléatoires.

Entre la loyauté au Parti socialiste, à son histoire, à ses combats et la réalité qui se dessine d’un redéploiement total des composantes de la sphère politique, à l’évidence nécessaire, je considère ne plus être en capacité de répondre à cette situation qui appelle, sans nul doute, la sollicitation de ceux et celles qui peuvent incarner cette évolution, cette clarification et peut être, ce renouvellement.

Je fais donc le choix, en conscience et en responsabilité, de retirer ma candidature. J’invite les militants socialistes de la circonscription à désigner l’un(e) des nôtres, Val de Marnais, qui sera mieux à même de répondre à ces exigences nouvelles et  permettra aux valeurs incarnées par le Parti socialiste de demeurer présentes à l’Assemblée Nationale. Car c’est bien eux qui ont la légitimité pour désigner le(la) socialiste qu’ils veulent présenter aux électeurs, comme il l’ont toujours fait.

J’ai toujours voulu rester fidèle à la confiance dont  mes électeurs m’ont honoré à trois reprises. Je le demeure à ce territoire du Val de Bièvre, aux communes qui le constituent et à leurs habitants,  avec qui je partage un même chemin de vie depuis toujours, et à qui j’adresse toute ma gratitude et mes chaleureuses pensées. Je vais demeurer à leurs côtés.

Monsieur Fillon, en France, la Justice est indépendante !

Monsieur Fillon, en France, la Justice est indépendante !

Hier soir, Le Président de la République François Hollande a condamné avec la plus grande fermeté les allégations mensongères de François Fillon sur France 2 : « Depuis 2012, et c’est un fait établi, l’exécutif n’est jamais intervenu dans aucune procédure judiciaire et a toujours respecté strictement l’indépendance de la magistrature ».

L’indépendance de la Justice était une priorité de ce quinquennat, et j’ai eu la responsabilité en tant que Vice-Président de la Commission des Lois d’être rapporteur de la loi* visant « à éliminer tout soupçon qui affecte l’indépendance de la justice du fait de la subordination statutaire des magistrats du parquet au garde des sceaux  »

« La fin du soupçon passe, d’une part, par la restitution au garde des sceaux de la responsabilité d’animer la politique pénale et, d’autre part, par le renforcement de l’indépendance du parquet, lequel se voit garantir, notamment avec la suppression des instructions individuelles du ministère de la justice, le plein exercice de l’action publique. » Intervention séance du 13/07/2013

En résumé, depuis le 13 juillet 2013, l’exécutif a pris les mesures nécessaires pour garantir l’indépendance du parquet et interdire les instructions individuelles du Garde des Sceaux. Les allégations du candidat de la droite hier soir à la télévision sont donc fausses et viennent troubler un peu plus encore la confiance des citoyens envers la classe politique. C’est intolérable. La justice Française est indépendante. Son indépendance a été, plus encore, renforcée sous la Présidence de François Hollande. C’est d’ailleurs, un honneur et une fierté pour moi d’avoir été un des acteurs de ce progrès indispensable à notre démocratie.

*(sur les attributions du garde des sceaux en matière de politique pénale et de mise en oeuvre de l’action publique, à préciser donc ses relations avec le ministère public.) 

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Hommage à Henri Emmanuelli

Hommage à Henri Emmanuelli

Je m’associe pleinement à l’hommage rendu par Olivier Faure, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Henri Emmanuelli était un homme de caractère, profondément de gauche et aux convictions inébranlables. Toutes mes pensées vont à sa famille et à ses proches.

COMMUNIQUE D’OLIVIER FAURE PRESIDENT DU GROUPE

A Henri Emmanuelli

La disparition de notre ami Henri Emmanuelli est un choc et une grande douleur pour tous les députés socialistes. Constructeur du Parti socialiste avec François Mitterrand, il a incarné tous ses combats depuis 40 ans : le rassemblement de la gauche dont il fut l’artisan inlassable ; le volontarisme économique et social qui a structuré toute sa vie politique ; la défense de la République qu’il avait au cœur.

Ministre de François Mitterrand, président de l’Assemblée nationale, Premier secrétaire du Parti socialiste, il fut un homme de fidélité à son parti, à sa culture de gouvernement mais aussi un passeur d’idées et de convictions qui a influencé et formé une génération de responsables dont notre candidat B. Hamon est aujourd’hui l’héritier. Son exigence intellectuelle et morale tirait le débat public vers le haut et lui ont valu le respect sur tous les bancs de l’Assemblée.

Passionnément attaché à son territoire des Landes qu’il a représenté pendant quatre décennies comme député et président du Conseil général, Henri Emmanuelli avait cette âme du gascon : batailleur jusqu’à l’intransigeance mais aussi incroyablement humain et attentif aux autres. Il l’a montré dans sa vie personnelle en faisant don de son corps de son vivant à la science pour remercier les médecins qui l’avaient sauvé dans sa jeunesse. Ce geste exceptionnel reflétait sa personnalité complexe, bourrue et attachante, passionnée et passionnante. Henri a combattu la maladie avec les armes du militant, le courage et le panache.

Henri Emmanuelli  laisse un grand vide au sein de notre groupe. Sa voix rocailleuse qui respirait l’engagement va nous manquer dans cette époque où la gauche est confrontée à de lourds défis. A sa famille, à ses proches, je veux dire que leur chagrin est le nôtre.